Un prix national pour Anghjula-Déa Poggionovo, élève du Collège Bonaparte d'Ajaccio


Le 3ème prix national dans la catégorie « collège » du 21ème prix de la mémoire et du civisme André Maginot 2015 a été décerné à Anghjula-Déa Poggionovo élève du collège Laetitia Bonaparte d'Ajaccio. Ce prix récompense un devoir réalisé suite a un voyage en Italie, notamment à Monte Cassino dans le cadre d’un travail mené avec sa classe par Monsieur Bernard Bouisset, enseignant de lettres classique et illustré par le témoignage de Mr Scarbonchi, ancien combattant de Monte Cassino.



Voici le texte intégral du devoir récompensé :

 



Monte Cassino

 

 

 

 

La seconde Guerre Mondiale a été une effroyable tragédie pour l’humanité entière. Les peuples ont été décimés à tout jamais. Ce conflit mondial a été marqué par de grands tournants, politiques et militaires notamment. Parmi les grandes batailles de cette histoire si mouvementée, il en est une qui a marqué son époque et hante encore les esprits de certains. Il s’agit de la bataille de Monte Cassino. En cette fin d’année 1943 et en début 1944, le monastère de Monte Cassino est un véritable verrou qu’il faut faire tomber absolument pour ouvrir la route de Rome. Les Alliés vont donc s’employer à bombarder cette magnifique bâtisse, entièrement détruite.

 

De nos jours le monastère a été entièrement reconstruit et un sentiment curieux a animé le visiteur que je suis. Dans mes oreilles, je croyais entendre encore le terrible vacarme des milliers de bombes jetées sur cet édifice moyenâgeux, et pensais aux malheureux qui se trouvaient là, assiégés et assaillants. J’ai une pensée particulière pour ces Américains qui ont reconstruit ce magnifique édifice, avec tous les trésors qu’il a pu contenir, ces mêmes trésors détruits par la folie des hommes, heureusement reconstitués à l’identique. Je suis forcément admirative devant cette reconstruction magnifique, pensant que nous ne devons pas désespérer du génie humain quand il est positivement utile. A une atmosphère de guerre a succédé un véritable paradis qui m’enchante, je peux apercevoir des fontaines qui charment l’ouïe des visiteurs, des merveilleux parterres de fleurs embaument de leur parfum capiteux l’air du soir. Puis j’aperçois avec émotion le cimetière où reposent les soldats, le cimetière polonais qui m’a beaucoup émue. La guerre est vraiment une honte, le souvenir de tous ces jeunes militaires qui sont morts m’interpellait et le calme de ce magnifique paysage s’ajoutait à mes multiples émotions. Ce lieu mythique qu’et Monte Cassino, à la limite de l’irréel, au vu de ce qu’était le monastère et ce qu’il est maintenant dans sa beauté intemporelle. Je parcourais ce lieu avec une émotion non cachée, et mes yeux s’humidifièrent soudainement lorsque j’entendis les gazouillis qui voletaient dans des arbres qui entouraient une stèle blanche où des noms s’étalaient devant moi, des noms inconnus, faits d’un alphabet que je ne connaissais pas, en fait c’était un alphabet en caractères arabe, et je compris que ces pauvres soldats avaient aidé les Alliés dans la conquête du monastère. Et je pensais à eux, ils avaient quitté leur soleil pour venir donner leur jeune vie sur les pentes enneigées de cette montagne. Comme je les admirais, avec cette infinie reconnaissance que tout un chacun leur doit. Comme ils ont dû avoir froid, avoir peur, ces hommes dressés les uns contre les autres. Aurais-je été à la hauteur, si j’avais été là, par exemple en tant qu’infirmière de guerre ? Ne les oublions pas ces femmes trop tôt disparues. Je compare dans ma tête cette douloureuse époque et la nôtre qui regorge de tout. Aurais-je tout abandonné, mon confort égoïste pour venir ici, dans ce lieu où l’enfer a régné ? Je n’ose y répondre… Des centaines de pensées m’assaillent devant ce lieu de mémoire, devant cette immense croix faite d’arbres, plantés en souvenir d’un sacrifice ultime, des gerbes de roses rouges déposées devant un monument, c’est tout ce qui reste de ces hommes, ultime hommage des vivants à ces glorieux disparus, la neige a recouvert leurs dépouilles glacées mais leur souvenir demeurera toujours dans nos cœurs. Comment ont-ils trouvé la force de tenir, ces héros, de toutes nations, ils étaient là devant mes yeux, je les voyais avec leurs tenues déchirées, ensanglantées, leurs visages creux, leurs yeux fatigués, oui, ces jeunes héros étaient fatigués par des combats que j’avais beaucoup de peine à imaginer, moi, la petite visiteuse, venue tout simplement regarder ce lieu où la terre était encore gorgée de sang, de sang innocent de ceux qui nous ont fait cadeau de leur vie pour que nous puissions vivre dans un monde libre. Je passais sous un portique fleuri et soudainement la pluie, non, ce n’est pas possible, me dis-je, il fait si beau… en fait ce n’était pas la pluie, c’était mes yeux qui coulaient… Tout simplement.

 

 

Poggionovo Anghjula-Déa

Collège Laetitia

4ème 4



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